Glucides liquides vs glucides solides : quel ratio viser à l'entraînement et en course ?
Gels, poudres à diluer, barres, fruits, sandwichs... les athlètes d'endurance ont l'embarras du choix pour combler leurs besoins en glucides. Mais est-ce que le format (liquide ou solide) change vraiment la donne pour la performance ? Voici ce que dit la recherche, et comment ajuster ton ratio selon ton sport et la durée de ton effort.
Ce que dit la science : la dose compte plus que le format
Plusieurs études sur cyclistes montrent qu'un mélange glucose:fructose ingéré sous forme de barre solide est aussi bien oxydé (donc aussi bien utilisé comme carburant) qu'un mélange identique pris en boisson, à condition d'ingérer la même quantité de glucides par heure. Même constat entre gel semi-solide et boisson liquide : les taux d'oxydation sont similaires. Autrement dit, ce n'est pas le format qui détermine la performance en premier lieu, mais la quantité totale de glucides absorbés par heure.
Mais l'intensité et le sport changent la donne
Ce constat vaut surtout pour le vélo, un sport à faible impact où l'estomac reste relativement stable. Dès qu'on passe à la course à pied, le portrait change : une étude néerlandaise sur 32 triathlètes a comparé l'ingestion de glucides liquides et solides pendant un effort intense de plus de 3 heures combinant vélo et course. Résultat : la moitié des athlètes ont complété l'effort avec une alimentation liquide seulement, contre seulement 9 sur 32 lorsque des solides étaient introduits. Le mouvement de la course à pied (l'effet de "ballottement" gastrique) rend la digestion des solides beaucoup plus difficile à haute intensité.
Le rôle de la durée : gérer la lassitude sur les efforts très longs
Sur les efforts de plusieurs heures (ultra-trail, Ironman), une alimentation 100 % liquide ou en gel devient difficile à tolérer sur le plan du goût et du confort digestif — c'est ce qu'on appelle la "fatigue du palais". C'est pourquoi les athlètes d'ultra-endurance intègrent souvent une portion d'aliments solides et réels (banane, patates, sandwich) aux ravitaillements, en complément d'une base liquide. L'intensité étant généralement plus basse sur ces efforts très longs, l'estomac tolère mieux ces apports solides occasionnels.
Le ratio pratique à viser selon ton activité
En combinant ces éléments, voici un point de départ réaliste à ajuster selon ta tolérance personnelle (toujours testée à l'entraînement, jamais improvisée le jour J) :
- Efforts courts et intenses (moins de 90 minutes, course à pied ou compétition) : vise du 100 % liquide ou gel. Le corps n'a pas besoin de solide sur cette durée, et le risque digestif dépasse le bénéfice.
- Efforts modérés (1h30 à 3h, course ou vélo) : une base liquide de 70 à 100 % reste la valeur sûre en course à pied; à vélo, tu peux intégrer 20 à 30 % de solide (barre, fruit) sans problème digestif majeur.
- Ultra-distance (plus de 4 heures) : une répartition plus équilibrée, autour de 50-60 % liquide et 40-50 % solide aux ravitaillements, aide à maintenir l'appétit et l'apport calorique sur la durée — en gardant une priorité liquide dès que l'intensité remonte (une côte, un sprint final).
Et l'entraînement de l'intestin dans tout ça ?
Peu importe le ratio visé, la clé reste l'entraînement digestif ("gut training") : augmenter progressivement, à l'entraînement, la quantité de glucides ingérés par heure pour habituer l'intestin à absorber davantage, peu importe le format. Un intestin entraîné tolère mieux autant les solides que les liquides concentrés.
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